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N° 61 - 2019 Consulter un
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Catherine Kirchhoff

«J’ai besoin de la sérénité de mon atelier»

Poutres apparentes, lumière naturelle, plafonds de quatre mètres de haut et vue sur le Salève. Un atelier d’artiste à l’ambiance cosy, niché dans les combles d’une ancienne maison de village à Veyrier. C

Catherine Kirchhoff dans son atelier

Pénétrer dans l’atelier de Catherine Kirchhoff, c’est être accueilli par des raviolis ocre et rose, une salade bleue ou des petits pois-carottes violets. Un univers ludique, coloré et incroyablement joyeux. Ici, la grise monotonie du quotidien n’existe pas. Pourtant c’est bien dans ce quotidien que Catherine Kirchhoff puise son inspiration, traquant packaging et denrées alimentaires pour en faire des tableaux étonnants, qui allient avec humour produits de consommation et art.

Diplômée de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Genève, elle se consacre d’abord au dessin académique, jusqu’au jour où elle trouve son style en faisant ses courses! «Ce fut le déclic, raconte-t-elle en riant. J’ai tout d’un coup été attirée par la forme des pâtes sur les paquets de Barilla. Comme j’ai toujours été fascinée par l’univers de la pub, je l’ai aussi intégré dans mon travail. Je repense souvent à mon professeur des Beaux-Arts, Jean-Michel Bouchardy, qui me taquinait en disant: «C’est bien, comme ça vous n’avez pas besoin d’aller au bout du monde pour trouver l’inspiration».

Aucune critique de la société ne se cache sous son pinceau, seulement l’envie de porter un autre regard sur ce qui nous entoure. «Chacun voit ce qu’il veut dans mes toiles, c’est ça qui est amusant, dit-elle. Du reste, on peut les placer dans le sens que l’on veut».

Le haut devient le bas. Bretzels, citrons, oignons et carottes s’affichent sens dessus dessous, «s’amusant à faire perdre les repères».

Installée depuis 17 ans dans son atelier, Catherine Kirchhoff a disposé plusieurs de ses toiles autour d’elle, une manière de retracer l’évolution d’un travail à l’expression multiple. D’immenses boîtes de conserve d’une installation en plein air dans la campagne genevoise, un caddie de la Migros utilisé pour une exposition, des cabas dont la toile n’est autre que celle d’un tableau ou une étiquette pour des bouteilles de vin. C’est que l’artiste ne manque pas d’idées. Seulement d’un peu de temps. «Quand j’arrive à mon atelier, je sais exactement ce que je veux faire, dit-elle. Je n’ai pas de petits rituels, je ne musarde pas. J’ai la chance d’avoir un magnifique atelier et j’en profite. J’ai besoin d’être dans un lieu agréable et serein pour peindre».

Wladimir Bianchi