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N° 59 - 2018 Consulter un
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Le lien social n’a pas de version wi-fi

Thierry Oppikofer

Votre magazine immobilier approche sereinement du 60e numéro, tandis que son grand frère l’hebdomadaire Tout l’Immobilier, distribué dans le canton de Genève et le district de Nyon, vient de célébrer son vingtième anniversaire et s’achemine, confiant, vers sa millième parution. Au cours de toutes ces années, combien d’informations, d’analyses, de conseils, d’explications, mais encore de rêves et de divertissement ont été proposés à nos lecteurs!
La vocation de la presse immobilière – on ne parle pas ici des prospectus illustrés, imprimés dans des pays à bas coût de main-d’œuvre et distribués essentiellement à leurs propres annonceurs – est de simplifier la vie des acteurs du marché de la pierre que nous sommes tous. Locataires, propriétaires, bâtisseurs, régisseurs, courtiers, financiers, décorateurs, paysagistes, notaires, ou tout simplement possesseurs, sans le savoir, de parts d’immobilier par le biais de notre caisse de pension.
Dans un pays – et singulièrement une Romandie - où le logement est devenu un enjeu électoral permanent, le déroulement harmonieux des relations entre les différents acteurs de l’économie immobilière n’est pas une évidence. La presse écrite, le journal ou le magazine imprimé, contribuent à une certaine sérénité et jouent– fût-ce à travers leur version électronique – un rôle essentiel pour le bien commun. Au fond, chacun a envie de trouver le lieu de vie de ses rêves, chacun souhaite préserver ou embellir le paysage, chacun veut une ville où il fasse bon vivre et travailler, ou alors un coin tranquille de campagne, de village à taille humaine. Débattre des options d’urbanisme ou d’aménagement du territoire, pourquoi pas? Se perdre dans d’éternelles bagarres, polémiques, recours, tracasseries administratives, choix plus idéologiques que rationnels, non merci.
La fidélité des lecteurs et des annonceurs à des médias comme les nôtres est ainsi primordiale. Ce ne sont ni les gigabytes, ni les algorithmes, ni les pixels, ni les apps qui créent le contact humain, qui génèrent la confiance. Le numérique est complémentaire du papier, glacé ou non, mais ne saurait le remplacer. «Ah, vous en êtes encore au numérique?», plaisantait récemment le futurologue parisien François Bellanger. Les professionnels de l’immobilier, fascinés par l’accélération et les mille possibilités des écrans, feraient sans doute bien de se demander si leur propre métier existerait encore dans l’hypothèse où toute transaction, toute prise de bail, se ferait uniquement entre particuliers, au travers d’écrans anonymes.