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N° 59 - 2018 Consulter un
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Un cirque pour les tout-petits

La famille Gontelli: la passion d’être et de rendre heureux

Tous les ans en novembre, ils installent leur petit chapiteau dans un parc d’une commune proche de Paris. Et tous les ans, les tout-petits, leurs parents et/ou grands-parents viennent vivre un moment de pur bonheur.

Pendant un peu plus d’une heure, la famille Gontelli, saltimbanque depuis huit générations, est heureuse de faire partager sa passion du cirque. Et le public ne s’y trompe pas. Une vraie leçon de vie appréciée quels que soient l’âge, la culture ou la religion.

Dans la famille Gontelli, il y a Serge, le Papa, Fabiola, la Maman, et leurs quatre enfants: Ophélie (21 ans), Christian (17 ans), Mary (13 ans) et Clayton (8 ans). Six personnes - et personne d’autres - qui font vivre «leur» cirque. Du montage au démontage du chapiteau, en passant par la billetterie, la publicité, l’affichage et bien sûr le spectacle lui-même, ils font tout. Un cirque familial dans la plus pure tradition.
Serge Gontelli: «On est des enfants de la balle depuis huit générations. Les arrière-arrière-grands-pères de mes enfants étaient des saltimbanques qui se produisaient sur les marchés. Et puis, il y a eu les chapiteaux. Et maintenant, tous mes frères, cousins, oncles, tantes font du cirque. On est tombé dedans quand on était tout petit.
«N’ayant pas la capacité financière d’acheter un grand chapiteau, nous avons opté pour la formule du petit chapiteau pour très jeunes enfants: une surface de
80 m2 et 200 places. Une formule qui nous plaît beaucoup en raison de la proximité avec les tout-petits (ils viennent dès 2 ans) et le reste du public. Et cela marche de mieux en mieux. Nos clients sont de plus en plus fidèles. Ils viennent nous voir chaque année, même plusieurs fois par an. Certains sont devenus des amis… ».
Tous les membres de la famille s’en donnent à cœur joie pour offrir un authentique plaisir à «leur» public: acrobaties, jongleurs, équilibristes, clowns… Le tout saupoudré d’une délicieuse odeur de guimauve et de barbe à papa sous un chapiteau particulièrement soigné, doté d’une petite piste entourée de fauteuils adaptés aux plus petits.
Mais le cirque, c’est aussi une grande discipline et beaucoup de travail. Un numéro ne s’improvise pas. Chez les Gontelli, il ne s’agit pas de contraintes, mais de passion. Une passion qui est à la base de tout.
«Tous les ans, nous changeons tous les numéros», explique Serge Gontelli. «Pour cela, il faut tenir compte des aptitudes et de la morphologie de chacun. Parmi nos enfants, les uns préfèrent le jonglage, d’autres le trapèze, d’autres faire le clown. Mais c’est eux qui choisissent leur discipline, qui évolue en fonction de leur âge. Si je prends mon cas, je ne peux plus faire de numéros musculaires et fais de plus en plus le clown ou du dressage de petits animaux. Même s’ils me demandent mon avis, mes enfants décident eux-mêmes des costumes, de la musique ou de l’ordre des numéros, car il faut plaire à toutes les générations. Ces évolutions se font toujours dans un consensus familial et la passion de bien faire».
Et d’ajouter avec fierté et modestie: «Pourquoi nos clients sont-ils si fidèles? Tout simplement parce qu’ils ressentent le plaisir que nous avons à leur faire plaisir. C’est une boucle. Le plaisir du sourire de l’accueil par la Maman, le plaisir quand, à la fin du spectacle, les enfants viennent nous faire la bise et se faire photographier. Cela nous prouve que l’on a bien fait notre travail. C’est notre grande récompense. Nous avons une très grande chance: exercer un métier que nous aimons».
Autre raison de ce succès: l’absence de barrière entre la piste et les fauteuils pour les tout-petits. Alors, surtout pendant les numéros de clown, ils crient, se lèvent, courent sur la piste, font partie du spectacle. «C’est ce qu’ils aiment et les parents adorent voir leurs enfants gambader sur la piste. En revanche, quand ils sont fascinés par un numéro d’équilibrisme ou de jongleur, là ils ne bronchent plus. On ne peut jamais tricher avec les enfants».
«La simplicité et l’authenticité de relation, la proximité entre nous et le public plaisent à tous. Je crois que notre spectacle est aimé parce qu’il est simple, familial et… professionnel.

Michel Levron - Paris