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N° 61 - 2019 Consult a
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Se distinguer de la concurrence

Thierry Oppikofer

Dans une série populaire diffusée par une télévision française, un pharmacien furieux exprime en termes vifs sa colère contre un concurrent installé dans le même quartier: «Ce type n’a aucune éthique! Il vend des produits moins cher que moi! Est-ce que je fais la même chose, moi? Bien sûr que non, j’ai des principes!». On est ici assez proche de la réalité d’une vie économique bouleversée – entre autres – par les effets de la mondialisation et de la «révolution industrielle» déclenchée par l’essor du numérique.
Comme la banque, attaquée de toutes parts et souvent trahie de l’intérieur (du «lanceur d’alerte» délateur aux motivations troubles au «trader» jonglant avec les millions) ou par des élus politiques fédéraux agenouillés devant l’oncle Sam et son gnome bruxellois, comme les taxis concurrencés de façon déloyale par des adversaires souvent libérés de tout règlement et peu enclins à respecter le droit, comme la presse laminée par la concurrence des réseaux sociaux et l’avidité des monopoles qui la contrôlent, l’immobilier suisse connaît lui aussi son parcours du combattant.
Certes, les professionnels de ce secteur – à l’instar de leurs homologues banquiers, transporteurs, informaticiens - ont longtemps vécu de leur position incontournable, sans trop se poser de questions. Depuis une ou deux décennies, ils ont ensuite progressé en termes de marketing, d’image, de relations avec la clientèle, de formation des collaborateurs, de développement durable, de nouvelles technologies. Certains ont cédé à la tentation si moderne de miser sur ces portails immobiliers aux prix si doux - voire gratuits durant deux ans par pure bonté d’âme! – et nourri de leurs annonces le prédateur polymorphe qui, aujourd’hui, favorise ouvertement les transactions entre particuliers. Certes, un portail de professionnels – immobilier.ch – cherche à freiner cette érosion; on lui souhaite le succès, car parallèlement se forment chaque jour d’autres menaces: courtiers à 0,5% ou 1% de commission, évaluations robotiques gratuites…
Trois règles de base restent cependant valables: si le client trouve l’équivalent pour moins cher, il vous abandonnera; si vos services ne sont pas porteurs d’une valeur ajoutée non numérisable ou inimitable, un petit malin du Net ou des Applis fera mieux que vous en bousculant les règles dont il n’a rien à faire; enfin, si vous avez des alliés et des moyens spécifiques – un exemple au hasard: une presse immobilière de qualité – permettant de renforcer vos affaires et votre image, ne les négligez pas tant qu’ils existent, pensant ainsi réaliser des économies…