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N° 62 - 2019 Consult a
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L’Austral en Nouvelle-Zélande

On imaginait un Pays de Galles du bout du monde avec des églises, des pubs, des moutons et… le rugby! Mais on découvre aussi une nature somptueuse : des glaciers, des fjords, des forêts à la végétation touffue, et une culture maori

Cap vers la Baie des Îles. Une première escale durant laquelle les passagers vont faire plus ample connaissance avec les Maori. La troupe locale, Pitowhenua, en tenue de cérémonie, accueille les visiteurs avec un «Kia Ora» («bonjour») sonore. Pour témoigner leur amitié, les Maoris se frottent le nez l’un contre l’autre, m’avait-on dit à Paris. J’avais envie de les connaître… ici ils tirent la langue avec délectation. Bienvenue en terre maorie!

Il faut d’abord répondre au défi lancé par les guerriers de Waitangi. André, un breton costaud, se retrouve seul face aux imposants Maoris. Il doit ramasser une feuille de fougère placée au sol pour assurer aux guerriers que nous venons en paix. Nous entrons ensuite dans la maison pour assister à une série de danses, de chants et de jeux traditionnels. La troupe Pitowhenua montre aussi le maniement des massues. Pif! Paf! Poum! Les lames des herminettes sont brandies par le chef. «Que c’est beau», s’exclame une dame qui fait force photographies des Messieurs Maoris.
La performance culturelle se termine avec le traditionnel «haka», la danse guerrière destinée à effrayer les ennemis et rendue mondialement célèbre par l’équipe de rugby des «All Blacks» qui l’exécute avant chaque rencontre.

Auckland est une ville aérée de 1,5 millions d’habitants. Plus américaine que british, elle prend des airs de Seattle à CBD (Central Business District): air marin, gratte-ciels et façades en béton où s’accrochent des escaliers de secours. Auckland est aussi la plus grande agglomération polynésienne du monde. Samoans, Tonguiens, Fidjis, habitants venus des îles Cook témoignent d’une intégration plutôt réussie dans le «pays du long nuage blanc» (nom maori de la Nouvelle-Zélande).
Un autocar nous conduit jusqu’au lac de Rotorua et les merveilles thermales de Wai-O-Tapu («Eaux sacrées» en maori), sculptés par des milliers d’années d’activité volcanique. Les rayons du soleil qui décrochent sous la couche de nuages éclaire des cratères creusés par l’action acide des eaux souterraines, des piscines de boue en ébullition et des eaux de toutes les couleurs qui jaillissent sous forme de geysers. De nombreux minéraux contenus dans l’eau –, soufre, arsenic, antimoine, oxyde de fer, manganèse, silice… créent des couleurs jaune pâle, émeraude, orange, rouge brun, violet, blanche.

L’Ile du Sud. L’Austral fait cap vers les fjords. Les chutes d’eau tombent sur des centaines de mètres dans de profonds fjords noirs creusés par les glaciers. Le Milford Sound est le plus encaissé et le plus dramatique des fjords de la région. La passerelle est occupée par les passagers émerveillés de la taille des pics qui sortent de l’eau comme des aiguilles.
«Chers passagers, le 11 novembre 1770, le capitaine Cook découvrit un fjord encore inconnu, aux falaises noyées dans la brume, le Doubtful Sound», annonce le commandant. Cook n’osa pas s’y aventurer car il le jugea trop étroit. Le temps est clair, les falaises à pic projettent leur reflet sur les eaux noires du fjord. Des albatros piquent une tête dans l’eau pour pêcher des poissons. Tandis que des dauphins escortent le bateau. L’Austral s’est figé dans le calme d’une idée de l’éternité.

Michèle Lasseur