fr | en

N° 63 - 2019 - 2020 Consult a
previous publication

voir l'article en PDF

«« Return

Bon sens

Thierry Oppikofer

Le peuple suisse a toujours fait preuve de sagesse. Nul doute qu’il sache faire la différence entre les excitations post-pubertaires de certains nostalgiques de 68 hâtivement repeints en vert et la nécessaire prise en compte de l’explosion démographique, des pollutions diverses et de la consommation à tout crin. Pour le moment, lors des dernières élections fédérales, il a favorisé l’écologisme militant et encarté, marchant main dans la main avec ce qu’il reste de la gauche modérée et une extrême gauche elle aussi badigeonnée de sinople. Mais comme pour les folies anti-étrangers du passé, la fièvre se calmera – espérons-le - au fil des restrictions, des interdits et de la cruauté des chiffres.

Nous sommes de plus en plus nombreux sur la planète à découvrir avec appréhension la mondialisation sans foi ni loi, dont nous avons tous vu l’avènement en la prenant pour une libération (plus de Mur! Plus de douane! Plus de communistes! Des avions bon marché! Des appareils fabriqués en Extrême-Orient, dix fois moins chers! Des habits et des téléphones chinois!). Nous avons tous adopté non seulement le mode de vie (et le tour de taille) des Américains, mais aussi leurs lois (FATCA, échange automatique, passeports à puces) et leur conception de la démocratie: l’hystérie des bien-pensants et l’équilibre des lobbies (y compris écologiques, antispécistes, etc.) comme établissant la volonté populaire. Aujourd’hui, simple exemple, un scientifique soulignant qu’un seul volcan qui se réveille produit en quelques jours autant de CO2 que la moitié de la planète se voit expulsé de son Université!

Industriels pollueurs, exploitation de la nature et des animaux, gaspillages divers: oui, il faut combattre ces maux, sans pour autant confier les clefs de nos parlements et de nos gouvernements à des gens qui n’ont jamais produit une once de richesse et qui proposent, sous des atours évidemment plus conformes à la mode du temps, les solutions simplistes et inefficaces qui pourraient un jour ou l’autre sonner le glas de notre enviable stabilité économique. Il est vrai que sans avions ni voitures, avec un contrôle de l’Etat omniprésent et une méfiance taxatrice à l’encontre de tout suspect de vouloir investir ou entreprendre, nous risquons de polluer moins, ou alors à titre posthume.